CleanFizz, prêt à habiller la plus haute tour au monde

La PME genevoise, qui vient de conclure un accord de principe avec l’un des rois de la construction au Moyen-Orient, veut habiller de verre autonettoyant l’édifice géant du saoudien PCMC

Le Kingdom Tower, à Djedda (Arabie saoudite), s’annonce comme le plus haut édifice au monde. Prévu pour 2017, le projet dépassera d’un quart la taille de la tour Burj Khalifa à Dubai, soit plus de 1000 m de verticalité vitrée. C’est Saudi PCMC qui a la charge de réaliser cette prouesse architecturale devisée à 1,2 milliard de dollars.

Cette filiale de Saudi Binladin Group, l’un des plus importants constructeurs du Golfe, a dernièrement conclu un accord de principe avec le genevois CleanFizz, expert du verre autonettoyant. Pour la jeune micro-entreprise meyrinoise fondée en 2011 – spin-off de Volotek –, la portée financière de ce contrat «est inestimable», selon les ­termes de George McKarris, au­jour­d’hui à la tête d’une équipe de quatre scientifiques. Cette entente pourrait aboutir sur un marché colossal, sachant qu’au Moyen-Orient les tours de verre géantes poussent comme des champignons, et que chaque année 4 milliards de m2 de vitres sont installés dans le monde.

Seul sur le marché

Dans ce contexte urbanistique, quel est l’apport genevois? «Nous sommes la cerise sur le gâteau du bâtiment,   du photovoltaïque et du solaire concentré», résume cet ancien physicien du CERN, dont l’invention consiste à éliminer «en un peu plus de 20 secondes» les particules déposées sur les parois vitrées, grâce à un système de vagues électrostatiques intégré. Généralement, l’entretien des vitres [ndlr: l’invention s’applique aussi aux panneaux photovoltaïques et aux réflecteurs solaires, dont le rendement chute brutalement avec le cumul d’impuretés) s’effectue avec de l’eau forée ou désalinée, puis déminéralisée, parfois manuellement. «Les propriétaires fonciers arabes dépensent 6000 dollars en moyenne pour un toilettage mensuel, sans compter les hectolitres d’eau et le gaspillage fossiles que cela exige», relève l’entrepreneur de 52 ans, d’origine libanaise. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si CleanFizz vient de remporter le prix genevois du développement durable, et est pressenti pour une reconnaissance internationale comparable.

Bien que cette technique de nettoyage par petits électrochocs existe déjà, la PME meyrinoise est la première à l’incorporer dans la structure même du verre. La NASA avait commencé à développer cette solution, mais ces travaux n’ont pas abouti à ce jour. «Jusqu’ici, le système était posé par couche en surface, ce qui limite sa durée de vie avec l’érosion rapide provoquée par les sédiments tels le sable», souligne George McKarris, garantissant une durabilité de son produit d’au moins vingt ans. Comment intègre-t-on tout cela dans du verre? «C’est un cauchemar!» résume celui qui ne dévoilera rien de son secret de fabrique, si ce n’est que l’opération n’est possible qu’avec «des matériaux de la meilleure qualité qui soit». A ce titre, CleanFizz a scellé en 2010 un partenariat avec la multinationale belge AGC, leader mondial du vitrage, et Dupont de Nemours, numéro un du polymère.

Des inventions en série

Pour l’heure, la PME consolide ses dépôts de brevets, et entend lever 8 millions de francs pour affiner sa trouvaille, lancer des projets pilotes et inaugurer un laboratoire à Genève. Si le partenariat avec Saudi PCMC s’avère concluant, CleanFizz (qui vient aussi de déposer un brevet d’éclairage public à LED autonettoyant avec supercondensateur pour le marché suisse), lancera sa production et la vente de licences.

Source: Le Temps

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