«Le crayon n’est pas devenu obsolète à l’ère du numérique»

 Caran d'Ache songe à moderniser ses usines de Thônex ou à en construire de nouvelles, sur un autre site à Genève. Signe que la tradition de la manufacture familiale se heurte à l’industrie 4.0? Entretien avec Carole Hubscher, sa présidente héréditaire arrivée en poste en 2012

L’aventure Caran d'Ache a débuté en 1915. Elle est née de la reconversion d’une ancienne fabrique de savons en usine à crayons. Après plus d’un siècle d’activités à Genève, l’assortiment de l’unique producteur de matériel d’écriture du pays a marqué des générations d’écoliers en Suisse. La manufacture familiale est au fil des décennies devenue l’un des fleurons de l’industrie du bout du lac, en misant sur le haut de gamme.

Invitée fin février dernier par la Confédération à rejoindre une délégation économique officielle en Iran, l’entité s’efforce depuis de tirer son épingle du jeu face à des concurrents dont la plupart des usines sont implantées de l’Indonésie, la Malaisie ou le Brésil. Parmi les signes particuliers de la maison qui réunit à ce jour quelque 290 salariés, soit 90 métiers différents: l’utilisation de machines personnalisées et adaptées aux gabarits de la marque, un savoir-faire allant jusqu’à travailler la laque de Chine avec un pinceau composé de cheveux de Japonaises ou tester la résistance des couleurs de ses crayons en exposant ses pigments au soleil du désert du Mojave (Etats-Unis). Mais Caran d'Ache est avant tout un modèle de discrétion financière. Son chiffre d’affaires était estimé voilà dix ans à un peu plus de 100 millions de francs, pour un objectif de rentabilité, tel qu’exprimé en 2009 dans la presse, oscillant autour des 5%. L’entreprise songe aujourd’hui à déménager, ailleurs dans le canton. Aux commandes de cette petite révolution: sa présidente Carole Hubscher, arrivée en poste il y a quatre ans. Rencontre avec la représentante de la 4e génération de la dynastie Caran d'Ache.

Source: Le Temps

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