Article - Kugler Bimetal sur l'AGEFI

«Associée à la reprise mondiale, cette détente est un nice-to-have»

Kugler Bimetal. L’entreprise genevoise fait 100% de son chiffre d’affaires à l’export.


Interview: Elsa Floret

La fonderie familiale située à Vernier offrant des solutions tribologiques à forte valeur ajoutée, réalise 100% de son chiffre d’affaires à l’export, dont 70% dans la zone euro. Dirigée par Jérôme Chanton, l’entreprise est spécialisée dans la réalisation de pièces sur-mesure en acier et bronze contre l’usure, à destination de l’industrie, comme les pompes hydrauliques (35% du chiffre d’affaires); l’aéronautique (15%); l’exploitation des mines (10%) ou encore les boîtes de vitesse (12%).

Le portefeuille de clientèle est diversifié avec 80% du chiffre d’affaires – compris entre 15 et 20 millions de francs en 2016 – réalisé par une trentaine de clients. La concurrence dans la technologie du bimétal vient d’Allemagne et du Japon. Pour les autres technologies anti-frottement pour des applications critiques, elle est mondiale.

Quel est l’impact pour votre entreprise du renchérissement de l’euro contre franc?

C’est un nice-to-have, qui s’ajoute à une reprise économique mondiale. Le carnet de commandes est au plus haut depuis plusieurs années, ce qui témoigne d’un redémarrage global. Dans les mines notamment, où après 5 ans d’arrêt, les miniers (Rio Tinto, BHP Billington), qui ont drastiquement coupé leur capex, doivent moderniser leur infrastructure et racheter des machines. Le marché de la pièce de rechange est aussi en forte  hausse. En 2017, le chiffre d’affaires est en hausse de 11,2% et les commandes de 19,2% (par rapport à 2016). L’activité de Kugler Bimetal reste fortement liée à l’aspect cyclique de nos clients où les contraintes normatives et qualitatives sont élevées.  

Depuis quelle date observez-vous cette reprise?

Depuis six mois, on ressent une pression de nos clients pour avancer les commandes et augmenter les volumes. Les plans de production, que nous recevons, font état de croissance importante aussi pour 2018. Alors que ces deux dernières années, l’unique préoccupation de nos clients était la négociation des prix, on ne parle maintenait presque uniquement que de nos possibilité d’augmenter notre capacité de production et raccourcir les délais. La projection de notre chiffre d’affaires récurrent est donc à la hausse. A laquelle, nous ajoutons le développement de nouveaux business importants, principalement dans l’aéronautique. Kugler Bimetal reste très exposé aux cycles économiques, qui sont de plus en plus courts et de forte amplitude. Nous sommes aussi dans un monde déflationniste avec une pression constante sur les prix, nous obligeant constamment à optimiser l’ensemble de nos processus. 

Quelles ont été les mesures prises par Kugler Bimetal pour lutter contre le franc fort?

L’amélioration continue et l’agilité font partie de notre ADN. Ce qui nous a aidés, c’est la mise en place d’une organisation matricielle responsabilisant les employés, permettant ainsi des gains substantiels de productivité. Le 15 janvier 2015, l’abandon du Peg est venu s’ajouter à une période de graves difficultés financières chez Kugler Bimetal, qui était en phase de retournement. En l’espace de six mois, nous devions dégager 1,3 million de francs d’économies sur notre P&L. Le mode survie a signifié: baisse de salaire de la direction (10%), augmentation du temps de production à salaire égal, licenciement, restructuration et optimisation. Kugler Bimetal est une des rares fonderies à subsister en Suisse romande, hors horlogerie.-(EF)

 

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