Brexit : les conséquences en un clin d’œil

Taux de change et bourse - Le taux de change euro/franc suisse est descendu au plus bas à 1.0623 (-3.5%) pour maintenant atteindre le 1.0855. La BNS a confirmé être intervenue et va rester vigilante. Elle pourrait intervenir encore en cas de besoin, a-t-elle indiqué dans une prise de position. Les conséquences potentielles pourraient notamment consister en une diminution encore plus remarquable des exportations.

Côté marchés, les principales bourses européennes ont ouvert en baisse : Londres - 9%, Francfort -9.5%, Paris -10%, Tokyo -7.92%, Milan -9%. L’indice SMI de la bourse suisse a ouvert avec -6% (vers 11h à -3.07%) et les titres bancaires ont subi des pertes majeures : Credit Suisse -11.49%, UBS -8.69%, Julius Baer -7.85%. Les titres sensibles à la conjoncture ont également subi des pertes : Adecco -8.82%, LafargeHolcim -6.09%, Zurich -5.23% et Swiss Re -4.447%.

Politique britannique - Selon les votations, l’Irlande du Nord a voté principalement pour rester dans la zone EU, tout comme l’Ecosse : côté écossais, un nouveau référendum sur l’indépendance n’est pas à exclure, comme l’indique Alyn Smith du SNP, le parti indépendantiste écossais.

L’incertitude sera l’acteur principal sur le marché britannique : les investissements dans le pays vont très probablement diminuer, à l’exemple de l’annonce faite par le patron d’Airbus Group au Royaume-Uni.

Rappelons tout de même que ce vote ne signifie pas pour autant une sortie certaine et définitive de l’Union européenne car il y aurait une période de négociation «de sortie» d’une durée minimum de deux ans.

Prochaines étapes

1. Le Royaume-Uni va communiquer formellement à l’EU sa volonté de sortir de l’Union en se référant à l’article 50 du trait de Lisbonne.

2. Le Royaume-Uni doit commencer à renégocier les accords concernant ses rapports avec l’UE. L’article 50 impose une limite de deux ans pour ces négociations. Pendant ce laps de temps, elle devra respecter les règles européennes, mais il ne pourra plus participer au processus décisionnel.

3. Dans le même temps, l’Union Européenne et la Grande Bretagne devront notamment établir de nouveaux accords commerciaux. Il existe deux principaux scénarios: le premier serait celui d’accords limitant les conséquences du Brexit au niveau commercial. Le second, au contraire, pourrait voir l’Union Européenne taper du poing sur la table et vouloir démontrer qu’un « leave », d’où qu’il vienne, n’est pas sans conséquences sérieuses.

4. A l’issue des deux ans de délai, le Conseil européen va formuler une proposition d’accord. L’accord devra ensuite être approuvé par le Parlement européen et enfin par le Royaume-Uni.

5. Les délais prévus pour atteindre un nouvel accord sont très courts. Pour cette raison, l’article 50 prévoit la possibilité d’étendre le temps de négociation si les deux parties sont d’accord. L’Union Européenne pourra donc présenter un accord « à prendre ou laisser » après les deux ans.

Impact sur les relations Suisse-Royaume Uni - Les relations commerciales avec la Grande-Bretagne sont actuellement réglées par les accords bilatéraux que la Suisse a avec l’Union Européenne. Les règles actuellement en vigueur continuent de s’appliquer aux entreprises suisses.

A l’avenir, la Grande-Bretagne et Bruxelles devront établir des nouvelles règles auxquelles seraient notamment soumises les relations commerciales entre les deux parties. Le Royaume-Uni devrait dans le même temps renégocier ses accords commerciaux avec les pays tiers, dont la Suisse. Dans un premiers temps toutefois, les relations entre la Suisse et le Royaume-Uni ne changeraient pas d’un point de vue juridique.

Impact sur les relations avec l’UE - Dans ses relations avec l’Union Européenne, la Suisse a actuellement quelques dossiers épineux à gérer, notamment celui que constitue l’acceptation par le peuple de l’initiative contre l’immigration de masse du 9 février 2014, qui s’inscrit dans le cadre plus large de la mise en œuvre des accords bilatéraux. Le « Brexit » aura comme conséquence probables de redistribuer l’ordre des priorités du côté de Bruxelles. Ainsi, trouver des solutions aux problèmes posés par la Suisse ne serait plus le « souci numéro un » de l’Europe, et pourrait avoir pour conséquences de retarder considérablement l’adoption d’une solution négociée.

Confédération : DFAE - Le Département fédéral des affaires étrangères a renforcé la helpline (tél. 0800 24 73 65) et répond 24h/24h, y compris le week-end, aux ressortissant suisses qui s’interrogent sur la façon dont cette décision peut les affecter.


Stefano Alacam, OPI

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