Economie: l’Etat est avant tout un catalyseur

Trois mois après sa réélection avec plus de 50% des suffrages, le conseiller d’Etat Pierre Maudet revient pour L’Agefi sur ses premières expériences en tant que chef de l’Economie.Il détaille le rôle que l’Etat peut jouer en la matière et les. Pour lui, sécurité et économie sont liés. Entretien.

Le président exécutif de Patek Philippe vient de critiquer la fiscalité du canton. En avez-vous parlé avec lui?

Oui, j’ai des contacts réguliers avec lui et avec d’autres dirigeants d’entreprises. C’est également le cas de Serge Dal Busco, le chef des Finances. Je ne suis évidemment pas insensible aux préoccupations d’une entreprise horlogère familiale comme Patek, dont le développement a été très soutenu, pour le grand bien de l’emploi. Mais s’agissant de fiscalité, le dossier relève des Finances.

Vous êtes en charge de la Sécurité depuis votre élection en juin 2012. Pourquoi avoir tenu à vous occuper également de l’Economie? Existe-il un lien entre ces deux domaines?

C’est le gouvernement qui en a décidé ainsi, et je l’assume totalement. La relation est assez simple: il faut dans les deux cas des règles et des cadres normatifs, de la sécurité pour que l’économie puisse se développer normalement. Et une économie florissante est de nature à nous donner les moyens d’assurer une meilleure sécurité. J’ai hérité avec l’économie de la police du commerce et de la promotion économique. Tout cela fait partie des conditions cadres. C’est principalement à l’occasion du changement de Constitution qu’il a fallu revoir les départements. Aujourd’hui, six départements s’occupent des différentes politiques publiques, tandis que le département présidentiel gère les affaires transversales.

Dans une économie plutôt libérale, à quoi peut bien servir un département de l’économie? A gérer les patentes et à contrôler les marchés publics?

C’est la grande différence avec la sécurité, qui est d’ordre régalien. L’Economie, c’est d’abord les entreprises, et non l’Etat. Le DSE est donc un département pivot, à l’intersection des questions liées à la mobilité, à l’emploi, ou encore à la formation. Qui ont toutes un lien direct avec les entreprises. Le département est incitateur, vecteur d’impulsions. L’économie peut fonctionner sans l’Etat, mais on sait très bien que des règles et des cadres sont nécessaires pour que le développement ait lieu correctement. L’Etat joue un rôle de catalyseur en la matière. L’épisode Merck Serono est à ce titre assez parlant. La transformation du site en un campus biotech en moins d’un an n’aurait pas été possible sans le concours de l’Etat, qui a réalisé un important travail de médiation et de négociation.

Lire la suite...


Source: L'AGEFI, vendredi 28 mars
 

Quelques Membres