Industrie 4.0 : anticiper le monde industriel de demain

Simple évolution technique pour les uns, révolution quasi-sociétale pour les autres, la nouvelle industrie connectée représente en tous les cas pour de nombreux spécialistes l’avenir du secteur en Suisse et en Europe. Qu’en est-il exactement ? Et surtout qu’est ce finalement que l’industrie 4.0 ? Tour d’horizon de ce qui pourrait être la prochaine « disruption » générée par la révolution numérique.

De la machine à vapeur aux systèmes de production cyber-physiques

L’industrie 4.0 tire son nom de la quatrième révolution industrielle, soit celle dont nous serions aux prémices. Pour rappel, la première révolution industrielle remonte au 18ème siècle, déclenchée par l’introduction d’installations de production mécaniques alimentées par l’eau et la vapeur. Suit au début du 20ème siècle la seconde révolution, amenée par l’introduction de la production de masse, sur la base de la division du travail et alimenté par l'énergie électrique. Vient enfin la troisième révolution industrielle, celle de l'électronique et des technologies de l'information, permettant une avancée dans l'automatisation de la production.

La quatrième révolution est liée à l’arrivée des systèmes de production cyber-physiques (c'est-à-dire combinant le matériel – moyens de production - et l’immatériel - logiciel), des objets connectés et du big data.


La connectique au cœur du système

Les aspects de connectivité, de réactivité et de dynamique, caractéristiques des systèmes cyber-physiques (ou CPS), sont au cœur du concept d’industrie 4.0, qui repose sur un nouveau type de chaine de production. Celle-ci va de la conception du produit à la fabrication, la distribution, le service client et jusqu’au recyclage, liant étroitement opérateurs, machines et données.

Ce nouveau mode de fonctionnement, où l’information en temps réel joue un rôle central, permet une coordination et une flexibilité beaucoup plus importante. Les machines peuvent par exemple adapter quasi-instantanément leur production d’après les corrections proposées par les systèmes de contrôle ou les évolutions de la demande. Des produits « sur mesure », en petite série, sont également beaucoup plus facilement réalisables, à moindres coûts.

Dans certains cas, l’objet produit reste lui-même connecté à cette chaîne d’information. C’est par exemple le cas des moteurs d’avions fabriqués par General Electrics. Grâce aux capteurs qui leurs sont intégrés, ceux-ci envoient directement à leur constructeur une foule d’information, liées notamment à leur maintenance. Au-delà des gains potentiels découlant d’une telle innovation, c’est surtout une révolution du modèle d’affaire liée à la commercialisation de la production qui est engendrée : le groupe ne vend plus seulement un produit, mais également les informations qui y sont liées, donc potentiellement un service sur le long terme.

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