Ivan Meissner (CEO, Qualimatest): "Il faut conserver l’aspect humain du système de contrôle comme référence"

La vision industrielle est l'une des réponses au souci constant d'amélioration de la qualité qu'ont les industriels d'aujourd'hui. Basée à Plan-les-Ouates, Qualimatest fait aujourd'hui figure de leader dans ce domaine. Son CEO, Ivan Meissner, a accepté de répondre à nos questions.

Pouvez-nous nous décrire l’activité de Qualimatest en quelques mots ?

Aujourd’hui, notre spécialité est de développer et de livrer des équipements pour contrôler la qualité de produits manufacturés. Dans leur très grande majorité, ces équipements utilisent comme première technologie les caméras et la vision industrielle pour faire ce contrôle qualité. On entend ici ce contrôle au sens large : cela peut être mesurer la dimension de pièces, contrôler que des assemblages soient bien faits, vérifier l’esthétique de différents éléments. Au jour d’aujourd’hui, on livre ces équipements prioritairement dans quatre industries : l’horlogerie, qui est notre plus grand marché, l’automobile, le ferroviaire et le médical.

Vous avez parlé de vision industrielle. Qu’entend-t-on exactement par là ?

Le mot vision en lui-même est déjà difficile à définir, car il peut avoir différents sens. Dans notre cas, on pourrait dire que de nos jours beaucoup de contrôles sont encore réalisés par des être humains, d’autres par des machines. Que font les être humains quand ils contrôlent une pièce ou un élément ? Ils regardent l’objet, et décident selon certains critères si l’objet est bon ou mauvais. Les machines en revanche, en l’occurrence des caméras, sont connectées à un système informatique qui va lui-même décider si c’est bon ou mauvais. Avec le grand avantage de ne pas varier au fil de la journée, en fonction de la fatigue, comme cela pourrait être le cas pour un ouvrier. De plus, il y a bien entendu une notion de cadence : on a la capacité d’effectuer ce contrôle beaucoup plus vite et beaucoup plus précisément. On peut aussi « voir » ce que l’homme ne verra pas forcément, par exemple avec l’infrarouge ou les UV. Nos solutions peuvent servir également dans de nombreux environnements qui ne seraient pas forcément adaptés pour l’homme (chaleur, pollution, etc.)

Notre force et d’offrir une solution qui va s’adapter à cet environnement et qui va aller vite (ndlr : couramment dix objets par seconde). Précisons encore que la technologie a beaucoup évolué au cours des 25 dernières années, on est parti de photos en noir et blanc, peu précises, traitables relativement lentement. Aujourd’hui nos systèmes peuvent traiter l’équivalent du contenu d’un CD chaque seconde !

Pouvez-vous nous citer quelques exemples d’utilisation de cette technologie ?

C’est très varié. Dans les produits « grands public », cela va de systèmes évaluant la disposition et la quantité des poils de brosses à dents aux fixations de ski en passant par le contrôle de la cuisson de corn-flakes. Les pétales trop cuites, noircies sont automatiquement supprimées du flux.

A une échelle plus grande nous sommes aussi dans la sécurité du ferroviaire, avec un système d’identification des voitures de trains CFF d’après leur numéro, qui n’est pas toujours placé au même endroit. On travaille donc sur des images de quelques centaines de mètre de long sur plusieurs mètres de hauteur. Dans le même domaine, nous travaillons avec la société genevoise Speno International SA, qui est spécialiste mondial de la rectification du rail. Nous avons développé un système installé sur leurs machines qui mesure la géométrie du rail, afin de permettre le contrôledu processus de rectification (meulage du rail).

Lire la suite...


Quelques Membres