La diversification des entreprises au Salon EPHJ-EPMT-SMT

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Contre l’adversité, la diversité. Dans un marché en pleine transformation et face aux difficultés amenées notamment par le franc fort, les entreprises genevoises évoluent et explorent des nouveaux secteurs, créent de nouvelles gammes de produits et services et cherchent d’autres types de clients pour que leurs affaires reprennent leur souffle.

L’OPI était présent au Salon de la haute-précision EPHJ-EPMT-SMT pour prendre des nouvelles de quatre entreprises qui incarnent cette tendance qu’est la diversification.

 
L’entreprise Rhodior SA, située à Plan-les-Ouates, est depuis 2005 au service d’une centaine de marques horlogères parmi les plus réputées au monde. Les décorations et la galvanoplastie réalisées sur les mouvements haut de gamme sont reconnues pour leur délicatesse et pour le soin apporté. Grâce aux traitements de surface finement élaborés, une diversité de couleurs se prête à la personnalisation des plus belles créations. « Dans l’horlogerie haut de gamme, il y a quelques années, on se satisfaisait seulement de dorer ou rhodier, donc les couleurs restaient soit en jaune ou en blanc… J’ai apporté un petit surplus au niveau de la décoration grâce à des différentes couleurs comme le ruthénium anthracite, une couleur très noble. Nous proposons également du dorage rose, mais également du rhodium violet et bleu. Actuellement je propose aussi l’anodisation du titane qui permet d’offrir des couleurs interférentielles. Cela amène une valeur ajoutée réelle à l’horlogerie haut de gamme. Dans l’horlogerie haut de gamme, il y a quelques années, on se satisfaisait seulement de dorer ou rhodier, donc les couleurs restaient soit en jaune ou en blanc… J’ai apporté un petit surplus au niveau de la décoration grâce à des différentes couleurs comme le ruthénium anthracite, une couleur très noble. Nous proposons également du dorage rose, mais également du rhodium violet et bleu. »

 
"Actuellement je propose aussi l’anodisation du titane qui permet d’offrir des couleurs interférentielles. Cela amène une valeur ajoutée réelle à l’horlogerie haut de gamme. » 

Pour Stéphane Greco, fondateur de Rhodior SA, la diversification ne s’est pas limitée à une palette de couleurs.  Il a aussi décidé de déposer une nouvelle marque de montres de luxe. Sous forme de séries limitées ou de pièces uniques, la montre GRECO Genève révèle toute l’inventivité de l’univers de ce magicien de l’horlogerie. Afin de créer des montres fluorescentes, Stéphane Greco travaille avec un produit utilisé dans la fabrication des éléments anti-contrefaçon des billets de banque. Il affirme être le seul à utiliser ce procédé chimique, unique en son genre. Et quand un visiteur passe à son stand au salon EPHJ pour prendre une photo de ses pièces, Stéphane nous dit en rigolant : « Attention à la copie !» Et explique ensuite : « La boîte en forme d’écrou qui est à l’ADN de la marque a déjà été copiée en Asie. Cela ne me dérange pas, j’en suis même plutôt fier. » Il a peut-être raison, et cela démontre par ailleurs que les montres genevoises servent toujours d’inspiration au monde entier.

Spécialisée elle aussi dans le traitement des métaux, la société Niklaus, à Meyrin, existe depuis 1955. Au début, l’entreprise se consacrait exclusivement au traitement des pièces pour l’industrie aéronautique et médicale (notamment les implants et dispositifs médicaux). En se basant sur sa maîtrise de procédés chimiques, opérationnels et sur ses certifications, l’entreprise Niklaus s’est récemment intéressée également au marché horloger. Pour cette édition du salon EPHJ-EPMT-SMT, son stand affichait d’ailleurs un panneau « Niklaus Horlogerie », affichant ainsi clairement le nouveau marché recherché par l’entreprise. « Nous avons créé ce nouveau pôle horloger depuis deux ans. Nous avons désormais aussi des clients de marques prestigieuses qui nous confient leurs pièces de mouvement pour du traitement de surface et nous faisons de la décoration de métaux précieux » nous explique Giuseppe Gagliardo, responsable galvanoplastie et terminaison horlogère chez Niklaus.

 

« Les nouvelles technologies laser nous permettent de proposer des textures un peu difficiles à obtenir au niveau de l’usinage. Nous proposons également aux clients horlogers de nouvelles colorations sur des pièces de mouvements qui viennent surtout du domaine médical, soit sur le titane, 
soit sur l’aluminium »
, explique-t-il.

 

La société Altair Consulting, fondée il y a 19 ans, a quant à elle fait le chemin inverse. Tournée au début exclusivement vers l’industrie horlogère et la joaillerie, l’entreprise a évolué pour explorer aussi le domaine médical. Fondée autour de l’idée de commercialiser des logiciels pour aider les bijoutiers à modéliser leurs pièces, Altair Consulting s’est développée en distribuant ses imprimantes 3D et en produisant des prototypes. Paul-Henri Tinguely nous parle de cette diversification. « Les systèmes ont évolué, les machines ont évolué, on a changé de partenaires. Nous avons commencé à nous adresser au domaine médical.
 

« Aujourd’hui nous travaillons aussi pour le secteur dentaire.
Nous avons un logiciel qui permet de faire des couronnes, des ponts et même
de recréer des dents. Nous les sortons aussi sur les imprimantes 3D »
.  
La société réalise également la numérisation d’objets de musée afin de servir de base à de nouveaux projets. « Nous sommes toujours heureux d’être au salon EPHJ, où nous sommes présents depuis une quinzaine d’années », déclare M. Tinguely.

Quelques mètres plus loin, Amir Hoveyda de la société Badeco discute avec un sertisseur qu’il a amené sur son stand pour démontrer sur place l’avantage ergonomique de ses outils. Depuis 5 ans, M. Hoveyda est le créateur d’outils de travail pour l’industrie horlogère au sein de cette société fondée depuis plus de 70 ans. Il s’occupe de la R&D afin de proposer de nouveaux outils et accessoires « swiss made » pour le perçage, le polissage, le meulage, l’anglage, le limage et la décoration.
 
« Nous avons maintenant un nouveau produit qui s’appelle Mx 1 Light Nano.
C’est
le seul moteur au monde d’une taille aussi petite,
aussi léger et ayant des performances aussi élevées. 


« Les horlogers doivent travailler de plus en plus vite, ils ont des espaces de travail de plus en plus compacts. Je voulais faire un produit avec un encombrement faible et une performance de pointe. On repousse ainsi les limites de ce que l’on peut réaliser. »

Badeco ne se contente pas de repousser les limites des performances de ses outils. L’entreprise repousse également celle de ses marchés. Bénéficiant de son ample connaissance des clients horlogers, il crée en août 2016 une nouvelle société, Geneva Prod, et propose une toute nouvelle gamme de produits : « C’est une entreprise spécialisée dans la fabrication de couronnes, de poussoirs et d’aguilles.  C’est mon challenge personnel. C’est ma fierté », se réjouit-il.

Ces quatre entreprises sont de beaux exemples qui démontrent que la crise peut se révéler aussi fertile, en soufflant un vent de créativité et de diversification. Comme dirait James Dean, «Puisqu'on ne peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles ».

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