La société genevoise IEM essaime ses parcmètres solaires dans toute l'Europe

Monétique Des caissettes à journaux zurichoises, la PME genevoise IEM se concentre aujourd’hui sur les parcmètres. Leader en Suisse, elle s’implante sur le marché espagnol.

C’est l’histoire d’un patriarche, Edouard Menoud, qui a démarré seul son entreprise il y a vingt-cinq ans, en commercialisant des caissettes à journaux en Suisse romande et à Zurich. De précurseur, IEM s’est fait une place de leader helvétique de l’ingénierie électronique. Les deux fils du fondateur, Philippe et François Menoud, ont depuis repris le flambeau de la société de monétique. Ils dirigent depuis cinq ans la PME familiale qui emploie plus de 20 salariés à Plan-les-Ouates (GE).

On doit notamment à cette société les distributeurs de tickets de transports publics lausannois existants et, jusqu’à très récemment, genevois. Quelque 550 appareils ont été écoulés dans la ville du bout du lac, avant que les TPG ne signent, fin 2009, un accord de renouvellement de leur parc d’automates avec l’allemand Hoeft & Wessel. Ce dernier marché est devenu trop concurrentiel pour l’enseigne familiale, qui a concentré ses activités sur les interfaces d’automates et pris ses distances avec la gestion financière intégrée. IEM s’est donc mise à vendre en priorité des parcmètres et des horodateurs dans toute l’Europe. Cette activité, entamée en 2006, représente 90% de son chiffre d’affaires annuel, qui oscille entre 8 et 10 millions de francs, «sur un marché de niche, celui du système de gestion du stationnement par automates solaires, estimé à une centaine de millions de francs, donc peu intéressant pour une multinationale», précise Philippe Menoud.

Sur ce segment, le cadet du clan identifie au maximum six concurrents en Europe. «Notre succès dans le solaire tient à nos composants sur mesure à basse consommation, explique-t-il. Nous produisons tout, de la mécanique conçue pour supporter de fortes amplitudes thermiques ou l’humidité, au logiciel permettant notamment la mise en veille des machines.»

Ces deux dernières décennies, IEM a essaimé en Suisse, en France, en Belgique, en Hongrie, en Grande-Bretagne, et dernièrement en ­Espagne, soit 27 000 modèles, tous types confondus (caissettes, distributeurs…). «En 2011, nous avons vendu 1200 horodateurs gérant individuellement de 25 à 30 places de parking, dont 300 à la province espagnole Santander, qui seront mis en service le 22 septembre», relève le directeur, qui peut produire jusqu’à 2000 boîtiers gavés d’électronique par an. Vu son carnet de commandes, l’enseigne commence à se sentir à l’étroit dans ses locaux genevois.

IEM cible-t-elle un autre pays que l’Espagne? «Oui, l’Allemagne, dans un futur proche, répond notre interlocuteur. Nous sommes allés jusqu’au Brésil, mais nous étions trop petits pour y rester.» Pour l’heure, les marchés les plus prometteurs sont proches. La France est le pays qui compte le plus d’horodateurs au monde (10 000 unités rien qu’à Paris). Mais il est tenu par le géant Parkeon. L’omniprésence de cet acteur n’a pas empêché IEM de s’emparer – qui plus est sans intermédiaires – d’une quarantaine de localités françaises, dont Perpignan, Mâcon, Nantes, Clermont-Ferrand, Saint-Ouen, Annemasse… L’horodateur est-il un secteur prometteur? «La Chine s’apprête aussi à connaître d’importants problèmes de stationnement», résume Philippe Menoud, prêt à bondir sur ce filon asiatique.

IEM a débuté sa dernière aventure commerciale en numérisant d’anciens parcmètres mécaniques. «Ces fameuses «sucettes grises», dont on a fait un multi-appareil capable de gérer seul jusqu’à huit places de parking, explique Philippe Menoud. Chaque année, on en écoule 500 exemplaires, uniquement en Suisse, car nos voisins n’ont pas la même confiance dans les machines, et ne jurent que par les modèles avec billets.»

Deux entités se partagent le marché helvétique: Taxomex et Parcomatic. Le premier est partenaire d’IEM, le second a été celui du leader mondial Parkeon, avant de délaisser la société de Besançon pour le leader en Ville de Genève, le britannique Metric. Là encore, IEM a dernièrement imposé ses modèles dans l’un des parcs d’horodateurs solaires de Plan-les-Ouates, tenu par cette filiale d’Hoeft & Wessel.

La PME passe pour être une usine à idées. Dernières évolutions – non encore commercialisées – estampillées IEM: Paytec, un lecteur de carte bancaire miniaturisé inédit et à basse tension, un horodateur avec carte de crédit sans contact et paiement par téléphone portable (NFC) muni d’un écran tactile économe élargi à 7 pouces… La ligne de produits IEM ne cesse de s’agrandir. «Nous développons aussi le paiement mobile par application smartphone», annonce Philippe Menoud. Cette alternative aux horodateurs ne revient-elle pas à scier la branche sur laquelle IEM est assis? «Si on se fait cannibaliser, autant que cela soit par nous», conclut-il.

 

Source: Le Temps.ch

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