Pierre-François Unger: bilan de huit années de présidence

A l'heure ou son mandat se termine, Pierre-François Unger revient sur ses huit années à la tête de l'OPI, mais aussi sur ce qu'à été l'économie et l'industrie à Genève et sur les grands défis qui s'annoncent.

Tout d’abord, pouvez-vous nous parler de la place de l’OPI dans le dispositif du DARES ?

Elle se résume en ces mots : facilitation, diversification, soutien, et bien-sûr promotion, comme le nom l’indique. Une promotion de l’industrie genevoise au sein du canton, en Suisse, mais aussi un créateur de liens avec un certain nombre de pays étrangers, notamment à travers les missions organisées en collaboration avec le Service de la promotion économique de Genève (SPEG). On précisera ici que le SPEG aura plutôt le rôle d’aller chercher des entreprises, tandis que l’OPI va plutôt faciliter l’accès à des marchés étrangers. Par exemple, lorsque l’OPI va en Afrique du Sud, on attend de lui qu’il fasse la promotion d’un certain nombre d’entreprises industrielles genevoises (ABB Sécheron, SRB Energy, etc.) Pour le Service de la Promotion Economique, ce sera surtout l’occasion de voir si un certain nombre d’entreprises étrangères souhaitent ouvrir une succursale ou déménager dans notre région, avec tous les avantages que cela comporte, notamment la création d’emplois locaux.

Un important travail est aussi fait pour soutenir les PME. Elles composent le 90% des emplois à Genève, on a souvent tendance à l’oublier. S’il ne faut pas pour autant oublier les multinationales, notre rôle reste avant tout d’aider les plus petites entreprises à trouver des marchés, de niche notamment, à l’étranger. C’est probablement là que nous sommes les meilleurs, car nous avons-nous-même une industrie de niche. Pour prendre un exemple, ABB Sécheron évolue elle-même au sein d’une niche, parmi de nombreux grands groupes. A ce niveau, l’OPI est un grand facilitateur.

L’OPI a également un rôle de distributeur d’informations pour les entreprises sur la base d’une veille technologique et stratégique basée sur leur besoins. C’est ce rôle de facilitateur que je mentionnais. L’OPI doit aider les entrepreneurs à découvrir un certain nombre d’éléments, d’opportunités que leur quotidien chargé les empêche parfois de voir.

Durant les huit ans à la présidence de l’OPI, j’estime que j’ai dû traverser six années de crise. Nous avons subi des attaques sur la place financière, qui ont eu des répercussions sur tout le tissu économique. La force de notre monnaie nationale est synonyme d’exportations difficiles. et nous sommes maintenant contestés sur les conditions d’imposition des entreprises. Tous ces éléments montrent bien la nécessité d’un organe stratégique qui peut informer très rapidement les entreprises et leur rendre la prévisibilité et la sécurité dont elles ont besoin pour évoluer, se développer, trouver de nouveaux produits et de nouveaux marchés. Elles ne peuvent pas toujours le faire toutes seules, elles n’en ont pas forcément le temps et les moyens.

La tâche d’accompagnement ou encore de soutien peut, quant à elle, être qualifiée de « mise du pied à l’étrier » pour un certain nombre d’entreprises quand elles ont besoin d’un peu d’aide en matière de marketing ou d’organisation. Là, l’OPI peut fournir une forme de coaching de base, tout en veillant bien sûr à ne pas remplacer des organismes dont c’est le métier. Le cas échéant, elle prodigue ses conseils à des tarifs extrêmement bas, pour que les entreprises qui ont besoin de ce type de services mais n’en ont pas les moyens puissent y accéder.

En résumé, le rôle central de l’OPI est de donner une visibilité à ces entreprises et à ce qu’elles font, de les accompagner, en collaboration avec les autres structures d’aide aux entreprises telles que l’Union Industrielle Genevoise (UIG), la Fondation d’Aide aux Entreprises (FAE), la FONGIT et maintenant l’incubateur cleantech, dont l’OPI est partenaire.

Lire la suite...

Quelques Membres