Qualimatest gère sa croissance depuis la Suisse 

Article à la une de l'AGEFI MERCREDI, 31.01.2018 


L’entreprise de contrôle de qualité Qualimatest inaugure jeudi ses nouveaux locaux à Plan-les-Ouates. Un espace dédié à l’intégration de nouveaux métiers. En présence de Pierre Maudet.

Elsa Floret

Créée en 1989 à Genève, Qualimatest s’est spécialisée en 2000 dans le développement, la fabrication et la mise en service de machines de contrôle de qualité. Suite à une acquisition de l’entreprise Saphir en France en 2014 - active dans les solutions optiques de contrôles qualité – Qualimatest a renforcé sa position de leader sur les marchés suisse et français.

Aujourd’hui, le groupe réalise 10 millions de francs de chiffre d’affaires cumulé sur les deux pays et emploie 42 personnes (21 en France et 21 en Suisse). Avec une croissance de 10% par an, le groupe affiche son ambition d’atteindre 15 millions de francs de chiffre en 2020 et 10% d’EBIT. 

Les principaux marchés industriels de Qualimatest sont: l’horlogerie, l’automobile, le ferroviaire, le médical et l’aéronautique. 

Un directeur technique spécialisé sur le machine learning et le big data vient d’être recruté.

L’inauguration des nouveaux bureaux a lieu demain soir en présence de Pierre Maudet, Conseiller d’Etat chargé du département de la sécurité et de l’économie. «C’est toujours un immense plaisir pour moi, en tant que magistrat en charge de l’économie, de voir des fleurons de l’industrie, tel que Qualimatest participer au développement de notre canton.»
Claude Nicollier fera un exposé sur «la magie de l’espace.» Une salle de réunion pour les clients porte son nom dans les nouveaux locaux de Qualimatest à Plan-les-Ouates. 

«Nous partageons les mêmes valeurs. L’éthique dans l’espace est un exemple pour toutes les industries, car les Russes, les Américains, les Européens travaillent à l’unisson dans le but de la mission, en laissant de côté leurs éventuels différends liés à leur nation», explique Ivan Meissner, directeur de Qualimatest Suisse et président de l’OPI (Office de Promotion des Industries et des Technologies).

Entretien avec le premier président de l’OPI à ne pas être conseiller d’Etat.

Vous inaugurez jeudi vos nouveaux locaux à Plan-les-Ouates. Quels sont les secteurs d’activité de Qualimatest et pour quelles raisons vous êtes-vous installés en France?

L’horlogerie représente encore 40% de nos revenus; l’automobile (25%); le ferroviaire (20%); le médical (15%) et nous démarrons en aéronautique. Suite à notre acquisition en 2014 de Saphir en France, nous avons créé une succursale Qualimatest, dont la stratégie est pilotée depuis la Suisse. A ce moment-là, tout le monde a crié au loup en prédisant que Qualimatest allait tout délocaliser en France et fermer Genève. Le résultat est exactement le contraire. Grâce à notre essor sur le marché français, Qualimatest connaît une belle croissance régulière en Suisse et recrute. Preuve en est l’inauguration ce jour de nos nouveaux locaux à Plan-les-Ouates.

Quid de la concurrence?
Le marché de la fabrication de machines de contrôle de qualité est très fragmenté en Suisse et en France. Nous sommes un des leaders de grande taille sur ces marchés. En revanche, la concurrence est très vive en Allemagne, où des centaines d’entreprises exercent la même activité que nous, avec  une taille bien supérieure. 

Quels sont vos objectifs de croissance? 
Il ne s’agit pas d’une course à la taille, mais nous visons 15 millions de francs de chiffre d’affaires en 2020. Certes, nous étendons notre développement sur de nouvelles zones géographiques telles que Rhône-Alpes, mais nous nous focalisons sur notre rentabilité avec un objectif d’EBIT à 10%. Cette année nous avons atteint 4%. C’est difficile car notre industrie fonctionne sur la base du fix bid, c’est-à-dire d’un prix fixe pour le système spécifique clé en mains que nous délivrons au client. Il faut savoir gérer ses risques. L’enjeu est de déployer notre système à plus grande échelle au sien d’un même client. Les nouveaux locaux avec le renouvellement d’équipements permettront, j’espère, d’atteindre la rentabilité fixée. La hausse de l’euro nous aide car nos prix sont 10% moins chers qu’avant. La conjoncture suisse, européenne et mondiale n’a jamais été aussi favorable. Je reste très confiant pour l’avenir de Qualimatest.

Qualimatest fêtera bientôt ses 30 ans. A quel moment, avez-vous rencontré des difficultés de sources de financement?
Nous avons pu bénéficier de soutien bancaire au début de l’activité. C’est également le cas pour la moitié du financement de notre acquisition en France et pour l’agrandissement des locaux en Suisse dont le coût total s’élève à 350.000 francs. Fondamentalement, le financement est le grand sujet dans l’industrie. Je préside l’OPI et tous les jours nous sommes en contact avec des entreprises genevoises qui recherchent du financement. L'OPI accompagne les entrepreneurs pour trouver les meilleures options mais à titre personnel je préconise les fonds privés. Qualimatest a eu la chance de pouvoir compter sur le soutien d’actionnaires privés. L’enjeu est grand en termes de trésorerie.

Les machines Qualimatest intègrent-elles déjà l’Intelligence Artificielle (IA)?
Aujourd’hui, le deep learning (technologie d'apprentissage basée sur des réseaux de neurones artificiels, qui a complètement bouleversé le domaine de l'intelligence artificielle ces dernières années) n’est pas le plus adapté pour les machines que nous fabriquons, pour des raisons techniques. Dans l’industrie automobile par exemple, nos machines de contrôle de qualité Qualimatest sont programmées pour le zéro défaut, tel qu’exigé par les clients. La limite du deep learning aujourd’hui, c’est qu’il n’est fiable qu’à 98%. 
Mais dans 5 ans, ce sera le cas. Le deep learning apprend. Il sera peut-être plus intelligent que l’homme. Ce qui a de quoi effrayer l’être humain. Le gros challenge pour Qualimatest sera le big data. Or à ce jour, les données sont stockées chez nos clients et il n’est pas aisé de les rapatrier, afin de les centraliser et les traiter chez Qualimatest.

Je viens de recruter un directeur technique spécialisé dans le machine learning et l’intelligence artificielle. Je reviens de deux semaines aux Etats-Unis (Côtes Est et Ouest) où à Stanford, par exemple, il n’est question que d’intelligence artificielle (IA). 80% des métiers dans 10 ans ne sont pas connus aujourd’hui. On ne réalise pas en Europe à quel point toutes les industries vont connaître une révolution et pas uniquement les industries technologiques.

Voici la vidéo de l'inauguration des nouveaux locaux de Qualimatest :   


 

Quelques Membres