Soutien à la R&D: Trois finalistes suisses pensent détenir LA technologie du futur

Les FET Flagships sont le pendant technologique du septième programme cadre de l’Union-Européenne de soutien à la R&D, avec à la clé un milliard d’euros de financement sur dix ans. Sur les six projets finalistes, trois émanent d’écoles suisses.

La réputation de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) et de l'Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL), n’est plus à faire. Dans les dix années à venir, il y a des chances pour qu’on entende encore parler d’elles. Les deux institutions mènent en effet la barque des Future & Emerging Technologies (FET) Flagships. Ce programme ambitieux de la Commission européenne prévoit de financer deux projets, à hauteur d’un milliard d’euros chacun, jusqu’en 2023.

Trois des six finalistes émanent des écoles helvétiques : le projet FuturICT, qui vise à appliquer la simulation informatique aux phénomènes sociaux et économiques, le Human Brain Project et le projet de capteurs auto-alimentés pour la surveillance de la santé et de l'environnement Guardian Angels. Même s’ils font appel à des disciplines fondamentales (neurosciences, sciences cognitives, sociologie, mathématiques…), leur priorité est le transfert technologique. De nombreux partenaires industriels sont d’ailleurs impliqués, PME ou entreprises d’envergure internationale : IBM, Intel, ST Microelectronics, Thalès, PSA, Sanofi…

Priorité au transfert industriel

Dans leur mode de fonctionnement, les FET Flagships pourraient radicalement différer des partenariats public-privés traditionnels financés jusqu’ici par la Commission européenne. Les coordinateurs de Guardian Angels, qui regroupe soixante partenaires académiques et privés, pour mettre au point des capteurs à usage grand public auto-alimentés (médicaux et destinés aux économies d'énergie entre autres) prévoient par exemple de créer un comité d’une quinzaine de personnes, pour gérer les questions stratégiques comme celles de la propriété intellectuelle. Guardian Angels veut aussi intégrer la possibilité de faire émerger des start-up, pour exploiter commercialement le fruit de ses travaux. « Les industriels pourront lancer des sous-projets sur des applications qui les intéressent plus spécifiquement », a précisé son coordinateur Adrian Ionescu, à l’occasion d’une conférence de presse sur les FET Flagships organisée par l’Ambassade de Suisse.

Le Human Brain Project, qui siège également à l’EPFL, laisse aussi une place à la valorisation. Si les principales retombées seront médicales - des thérapies dirigées vers des cibles nouvellement identifiées dans le cerveau – l’informatique pourra également en bénéficier. IBM, qui travaille depuis plusieurs années à la mise au point d’une puce mimant le cerveau, compte parmi les partenaires. « Il y aura de la sous-traitance avec les industriels pour certains travaux », a souligné Richard Frackowiak, un des co-directeurs du projet, lors de cette même conférence.

Les six finalistes ont jusqu’au 23 octobre pour soumettre leur plan de développement à la Commission européenne. Nul doute que la valorisation industrielle des découvertes fera partie des critères examinés avec attention.

Ludovic Fery



Source: industrie.com

Quelques Membres